L’Histoire du site

1114 – Création de l’abbaye


En 1114, Bernard de Ponthieu (ou de Tiron), pieux ermite dans la stricte observance de la Règle de Saint-Benoît, s’établit sur la paroisse de Gardais avec ses disciples. Soutenu par l’évêque Yves de Chartres et de Rotrou III, comte du Perche, il fonde l’abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron, qui deviendra un haut lieu de spiritualité dans le Perche.

Photo © Sophie Deyrolle

Rayonnement et déclin précipité

Très vite, l’abbaye s’enrichit et se développe grâce à la réputation de sainteté de Saint Bernard ainsi qu’à la protection du roi de France Louis VI Le Gros. Elle devient un centre religieux qui rayonne au fil des siècles sur 22 abbayes sœurs et plus d’une centaine de prieurés en France, mais aussi en Ecosse et en Angleterre. Hélas, la guerre de Cent Ans, les guerres de Religion et la mise en commende de l’abbaye signifient incendies, pillages, mais aussi relâchement qui précipitent son déclin au 17e siècle.

1630 – Fondation du Collège


Henri de Bourbon-Verneuil, fils naturel du roi de France Henri IV et de sa favorite Henriette d’Entragues, est nommé abbé commendataire de Tiron à l’âge de 5 ans. Soucieux de remettre le complexe en ordre et de restaurer la discipline, il crée un collège pour éduquer la noblesse des environs. Il en confie la gestion à la congrégation bénédictine des moines de St Maur, alors réputés pour leur érudition et leur rigueur morale.

1776 – Le Collège royal et militaire

En 1776, l’excellente réputation de l’établissement pousse Louis XVI à le choisir pour devenir un de ses « collèges royaux et militaires ». Comme dans 11 autres écoles portant le même titre en France, on y forme les élèves au concours de cadet à l’issue duquel ils pourront entrer à l’Ecole Militaire de Paris.

Tourmente et démantèlement


La fin de la monarchie française marque le déclin de l’abbaye de Tiron. L’église est interdite d’accès en 1792, puis le collège ferme ses portes en 1793. Le site est racheté par Etienne Taullé, ancien élève et professeur du collège.
Devenue une gigantesque carrière de pierres pour construire les maisons du bourg, l’abbaye est pillée et son chœur gothique s’effondre.

Renouveau

André Guillaumin, botaniste passionné d’histoire, reprend les travaux de son père sur le collège royal et militaire de Thiron-Gardais dont la famille a hérité. Jusqu’à sa mort en 1974, il y reçoit sa famille et plante dans le jardin de nombreuses espèces exotiques.
Pour éviter la dispersion de ce patrimoine unique, ses héritiers souhaitent que la puissance publique reprenne la main sur le collège. Le Conseil départemental d’Eure-et-Loir rachète ainsi le site en 2005.

2013 – Rachat par Stéphane Bern


Par un matin gris de décembre 2012, Stéphane Bern visite le site sous la conduite du président du Conseil départemental. Tombé sous le charme du lieu, il le rachète et propose de le restaurer pour l’ouvrir au public.

Photo © Vlada Krassilnikova

Restauration des bâtiments

Les bâtiments sont restaurés sous la responsabilité de Guillaume Trouvé, architecte du patrimoine, qui a veillé à l’utilisation des méthodes traditionnelles. 50 artisans, compagnons et ouvriers des métiers d’art se succèdent pour mener l’entreprise de rénovation à son terme. Charpentiers, couvreurs, tailleurs de pierre, électriciens et plombiers contribuent au sauvetage de ce patrimoine unique.

Restauration du jardin


Pour préserver l’âme du parc tout en respectant les perspectives d’un jardin d’agrément, nul n’était mieux indiqué que le célèbre paysagiste Louis Benech. Il redynamise le plan existant, retend la structure formelle basée sur des broderies de buis, restaure les alignements d’arbres fruitiers typiques, conserve le labyrinthe informel et renforce l’esprit du parc 19e siècle en ajoutant quelques sujets typiques plantés par André Guillaumin.

Photo © Sophie Deyrolle

2016 – Ouverture au public

Après de longs et importants travaux, bâtiments et jardins revivent et ouvrent au public en 2016.

Photo © Alfran

Fondation Stéphane Bern

La fondation Stéphane Bern pour l’Histoire et le Patrimoine, créée en 2016 sous l’égide de l’institut de France aura un jour à poursuivre l’oeuvre de son fondateur. Stéphane Bern, dans un souci de préserver ce patrimoine historique avec les collections du musée et ses archives, a choisi la Fondation comme sa légataire universelle, à charge pour elle de continuer à partager ce patrimoine avec le public, en ouvrant un jour la partie privée du Collège. Pour l’heure, Stéphane Bern anime sa Fondation, laquelle, aidée par deux jurys d’Histoire et du Patrimoine, soutient des travaux de recherche de jeunes historiens et finance des actions concrètes en faveur du patrimoine.

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